Un retour aux sources pour la laine belge : un projet ambitieux et durable
La filière textile en Belgique connaît un renouveau grâce à des initiatives qui visent à valoriser la laine locale, souvent mal perçue, mais pleine de potentiel. Des artisans et producteurs s’unissent pour redonner vie à cette matière, tout en préservant l’environnement. Dans ce contexte, des projets innovants émergent, soulignant l’importance de l’artisanat local et de la biodiversité.
La laine belge : entre héritage et modernité
Historique mais méconnue, la Belgique a longtemps été reconnue comme un grand pays de laine. Cependant, depuis les années 50, l’essor des matières synthétiques a dégradé ce savoir-faire ancestral. « Les industries se sont calibrées pour le polyester », rappelle un expert du secteur. Autrefois, les villes comme Gand et Verviers étaient au cœur de cette industrie florissante.
Si aujourd’hui la laine belge est moins prisée par l’industrie textile en raison de son épaisseur plus rustique que celle du mérinos importé d’Australie ou d’Afrique du Sud, elle trouve néanmoins sa place dans le domaine artisanal. « Tricoter belge, c’est donc possible », affirment fièrement plusieurs producteurs locaux.
Valorisation des ressources locales
Des acteurs engagés tels que Valbiom travaillent activement à redonner valeur à ces « coproduits agricoles ». Actuellement, environ 500 tonnes de laine sont produites chaque année en Belgique. Les races locales offrent une diversité appréciable; certaines fibres conviennent parfaitement pour confectionner matelas ou couettes tandis que d’autres sont utilisées pour créer des fils destinés au textile.
Un exemple inspirant est celui de Frédérique Bagoly, responsable de la Filature du Hibou à Boninne (Namur). Elle transforme la laine brute en produits finis selon les désirs des clients : « Retrouver ce geste perdu du rouet… », explique-t-elle avec passion.
Laine Fleurie : un projet écologique
À travers le projet Laine Fleurie, initié par l’ASBL Natagora sous la direction de Sylviane Gilmont, on constate également une volonté d’allier production locale et préservation environnementale. « Sans le pâturage de moutons, on perdrait une flore caractéristique », souligne-t-elle avec conviction.
Chaque année, deux tonnes de laine sont récoltées grâce aux efforts soutenus des bergers impliqués dans ce projet novateur qui soutient également les races locales menacées.
Le lin belge : quand tradition rime avec durabilité
Le lin fait également partie intégrante du paysage textile belge. Avec environ 20 000 hectares cultivés, notre pays se positionne comme acteur clé dans cette filière. Pourtant, si près de 75% du lin mondial provient principalement d’Europe dont la Belgique fait partie intégrante avec ses champs florissants en Flandre et Wallonie.
Loin des clichés sur le lin considéré autrefois comme rustique, il revient aujourd’hui dans nos garde-robes modernes grâce à sa durabilité exceptionnelle. Le processus traditionnel reste essentiel avant qu’il ne soit envoyé vers les grandes filatures souvent basées en Asie.
Une mode éthique portée par Lucid
Dans cet élan collectif vers une mode plus respectueuse se distingue aussi Lucid, fondée par Jean Seyll et Savinien Domken qui prônent « Créer des vêtements sans créer de problèmes ». Leur démarche vise non seulement à produire localement mais aussi à s’approvisionner auprès d’entreprises soucieuses tant sur le plan environnemental que social.
Le succès rencontré lors du lancement d’un t-shirt recyclé témoigne bien d’une demande croissante pour une mode réfléchie qui limite son empreinte écologique tout en valorisant le savoir-faire local.
Ces initiatives témoignent ainsi d’un retour aux sources où artisanat rime avec respect envers notre planète mais aussi envers nos traditions textiles vivantes. À travers ces projets porteurs d’avenir tels que Made in Wool prévu pour septembre 2025 au PAM Expo ou encore Lucid qui innove chaque jour davantage dans son offre créative ; c’est toute une communauté engagée qui œuvre ensemble pour faire briller le nom belge.



