Le destin extraordinaire d’Atlas, le Géant de Belgique
Fernand, surnommé Atlas, a marqué les esprits par sa taille impressionnante et un parcours hors du commun. Engagé dans l’armée française durant la Seconde Guerre Mondiale, il refuse de se plier aux exigences allemandes et choisit de se cacher. Après des débuts difficiles, il devient une figure emblématique du catch et de la télévision en France, avant que sa santé ne vienne ternir son incroyable carrière.
Un début tumultueux
La vie d’Atlas commence sous le signe du défi. Engagé dans l’armée française pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est blessé puis rapatrié en Belgique. Refusant de travailler pour les Allemands, Fernand se cache jusqu’à la fin du conflit. Après-guerre, son rêve d’intégrer l’armée belge est brisé : « Il est rejeté à cause de sa grande taille et de sa pointure excessive ». Ce n’est que le début d’une série d’expériences qui le mèneront à devenir une légende.
D’abord exhibé à la foire du Midi, il s’illustre comme gardien de but à Péruwelz avant d’explorer divers sports tels que la boxe et le basket-ball. C’est alors qu’il rencontre Edgard Moreau, qui lui ouvre les portes du catch avec un nouveau pseudonyme : Atlas.
L’ascension fulgurante
Sous l’impulsion de Léon Plogaert, Atlas parcourt toute la Belgique pour combattre sur ring. Sa stature colossale attire les foules mais devient également son talon d’Achille ; malgré ses victoires répétées, « La fédération belge ne lui renouvelle plus sa carte d’affiliation à cause de son gabarit hors norme ».
Son image publique évolue lorsque ce géant au cœur tendre apparaît au casino de Cannes lors d’un gala dirigé par Jacques Pils. C’est ici qu’il commence à se faire connaître grâce aux émissions « Reine d’un jour » et « Trente-six chandelles ». Son charisme transcende les frontières ; il participe même à des spectacles au Danemark et joue dans un film londonien intitulé « Un Européen reçoit des Américains ».
Les records s’accumulent : lancer un poids lourd sur 25 mètres ou boire deux litres de bière en seulement 11 secondes deviennent ses spécialités. Ses exploits font vibrer les cœurs jusqu’au sommet des gouvernements français où il est reçu par Auriol, De Gaulle, Pompidou ainsi que par le Président américain Eisenhower.
La vie familiale au cœur des priorités
Le 5 novembre 1960 marque un tournant dans sa vie personnelle : sa mère ouvre le café « Au Géant Atlas » près de la Basilique Notre-Dame de Bon-Secours avec ses amis dont Jean Nohain présent pour célébrer cet événement joyeux. Fernand décide alors progressivement ralentir ses engagements artistiques pour aider sa mère en réduisant ses galas annuels.
Après le décès tragique de celle-ci en 1966, Fernand reprend le flambeau familial tout en honorant leur héritage : « Il aimait offrir un verre », raconte-t-on encore aujourd’hui parmi ceux qui ont connu cette belle tradition où chacun venait déguster un picon chez lui.
En 1972, après avoir épousé son amie d’enfance Renée Colin, ils ouvrent ensemble un autre café nommé « Au feu de bois du géant Atlas » à Gerpinnes.
Une fin tragique mais mémorable
Malheureusement, la santé fragile d’Atlas finit par lui jouer des tours ; amputé d’une jambe suite à une complication post-opératoire tragique, Fernand nous quitte prématurément le 3 janvier 1976, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans l’historie culturelle belge et française.
Il repose désormais paisiblement au cimetière de Roucourt aux côtés de son épouse décédée en 2002. Le souvenir chaleureux qu’il laisse derrière lui témoigne non seulement des prouesses physiques mais aussi du cœur immense dont il faisait preuve envers autrui.
Ainsi s’écrira l’héritage poignant du Géant Atlas – homme exceptionnel devançemne légende vivante – dont les histoires continueront sans doute à résonner longtemps encore dans nos mémoires collectives.



