Chah d’Iran : l’héritage des Pahlavi au cœur des luttes contemporaines
Les émeutes en Iran, marquées par des chants en l’honneur du prince héritier Reza Pahlavi, fils du dernier chah, témoignent d’un désir de retour à un passé glorieux. Alors que le régime actuel fait face à une contestation croissante, la diaspora iranienne se mobilise pour soutenir celui qui pourrait être perçu comme le symbole d’une nouvelle ère. La voix de l’impératrice Farah, âgée de 87 ans, résonne également dans ces manifestations, apportant sagesse et espoir.
Un héritage encore présent
La mémoire du chah Mohammad Reza Pahlavi est teintée de nostalgie pour certains Iraniens. À Paris, ce 4 janvier 2026, les manifestants portent haut les couleurs de l’Empire persan tout en brandissant les portraits du prince héritier Reza Pahlavi. Ce dernier vit aujourd’hui à Washington où il représente une figure unificatrice pour les exilés iraniens espérant voir leur pays libre.
« Nous avons un plan pour l’avenir de l’Iran et nous sommes prêts pour les cent premiers jours suivant la chute du régime », a déclaré le prince héritier lors d’une récente intervention. Son engagement indéfectible ne passe pas inaperçu alors que des craintes s’intensifient quant aux atrocités commises par le régime actuel.
L’évolution tumultueuse d’un Empire
L’histoire des dynasties persanes remonte à plus de 2 500 ans avec la fondation officielle de l’Empire perse sous Cyrus, mais c’est sous la dynastie Pahlavi que des progrès sociétaux notables ont eu lieu. Malgré ses ombres historiques, notamment son renversement en 1979 au profit d’une théocratie chiite dirigée par Khomeini, cet empire reste ancré dans le cœur des Iraniens.
Le parcours personnel du prince héritier est marqué par une enfance difficile. Né dans un contexte troublé en mars 1878, Reza Savad-Kuhi perd sa mère très jeune et est élevé par son oncle avant d’intégrer une brigade cosaque où il gravira rapidement les échelons jusqu’à devenir généralissime puis Premier ministre.
Le destin royal
En prenant le nom de Pahlavi, Reza Khan souhaite symboliser le retour aux valeurs glorifiées du passé persan. En décembre 1925, il devient officiellement chah après avoir destitué Ahmad Qadjar sans effusion de sang : « J’ai toujours voulu fonder une république inspirée des réformes d’Atatürk », confiera-t-il plus tard sur ses aspirations politiques.
Sous son règne, il épouse Esmat Dowlatshahi puis Nimtaj Khanoum Ayromlou dont naît son fils aîné Mohammad Reza Pahlavi – destiné à lui succéder – avant qu’il ne soit contraint d’abdiquer face à la pression internationale pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un futur incertain
Le rôle historique et contemporain du prince héritier fait débat : peut-il réellement asseoir sa légitimité ? Avec trois filles dont Noor est perçue comme son héritière potentielle soutenue par sa grand-mère Farah ainsi que plusieurs princes exilés, pourrait-on envisager qu’une femme régente puisse émerger dans ce pays soumis depuis longtemps aux lois islamiques ?
« Votre amour pour votre pays vous mènera à la victoire », encourageait récemment l’impératrice Farah envers ceux qui se battent aujourd’hui contre l’oppression. En cette période critique pour l’Iran moderne où passé et avenir se confrontent violemment sous un ciel chargé d’espoir et de crainte, une question demeure : quel sera le prochain chapitre écrit par cette famille emblématique ?
Le récit poignant autour des Pahlavi rappelle combien leurs vies sont entrelacées avec celle de leur peuple. De nouveaux horizons pourraient bien se dessiner si la volonté populaire reste forte et déterminée face aux défis actuels.



