Rencontre au Cambodge avec Chum Mey, 95 ans, rescapé du génocide sous Pol Pot

Chum Mey, un témoin du génocide cambodgien : un récit poignant de survie et de résilience

Lors d’une croisière sur le Mékong, les passagers sont confrontés à l’horreur du passé au musée Tuol Sleng S-21. Parmi eux se trouve Chum Mey, 95 ans, l’un des derniers survivants du régime des Khmers rouges. Son témoignage bouleversant rappelle les atrocités infligées et la force de sa survie grâce à une aptitude inattendue.

Rencontre au Cambodge avec Chum Mey, 95 ans, rescapé du génocide sous Pol Pot

Un voyage chargé d’émotions

Le voyage proposé par « Rivages du Monde » prend une tournure tragique lorsque les passagers visitent le musée S-21. Les murs résonnent encore des cris et des souffrances des victimes qui ont connu l’enfer entre ses murs. Face à ces classes vides où flottent douleur et désespoir, chacun ressent un besoin urgent de crier leur attachement à la liberté et à la démocratie.

C’est dans ce contexte que Chum Mey attend avec humilité. À 95 ans, il est l’un des sept derniers survivants découverts lors de la libération du camp par l’armée vietnamienne le 7 janvier 1979. Sa présence incarne tout un pan d’histoire tragique.

Un récit personnel déchirant

Chum Mey témoigne sans détour : « J’ai perdu ma femme et mes quatre enfants durant le régime des Khmers rouges. » Le jour de son arrestation, le 18 octobre 1978, il est emmené les yeux bandés vers la prison de Tuol Seng où commence pour lui une période cauchemardesque de douze jours d’interrogatoires brutaux.

« On me battait… Ils m’ont aussi torturé en me passant un fil électrique sur mon oreille gauche, » raconte-t-il avec émotion. Poussé dans ses retranchements, il affirme n’avoir jamais été membre ni de la CIA ni du KGB : « Je pensais que j’allais mourir. »

Cependant, ce qui va lui sauver la vie dépasse son imagination. Après avoir subi mille tourments, alors qu’il espère seulement survivre aux coups incessants, un bourreau lui demande imprudemment de réparer une machine à écrire.

Une compétence salvatrice

« Les rubans étaient abîmés. J’étais très manuel » , explique Chum Mey en repensant aux trois machines qu’il a remises en état. Pour les Khmers rouges, ces machines étaient cruciales car elles permettaient d’enregistrer les aveux extorqués aux prisonniers comme lui. C’est cette compétence inespérée qui va prolonger sa vie : « C’est cela qui m’a permis de rester en vie. »

Aujourd’hui encore, il continue à témoigner devant ceux qui viennent visiter S-21 tant qu’il a encore la force nécessaire pour transmettre cet héritage douloureux.

La justice tardive mais nécessaire

Vingt-quatre ans plus tard, Chum Mey ne recule pas face à son passé ou même face à ses bourreaux. Les hauts responsables khmers rouges ont été traduits devant les tribunaux cambodgiens pour leurs crimes contre l’humanité ; Douch a été condamné en 2012 tandis que Khieu Samphan a reçu une peine similaire fin 2022 après plusieurs années d’attente.

Lors du procès contre Douch – responsable direct du centre S-21 – Chum Mey n’a pas hésité à confronter celui qui avait causé tant de souffrances : « Je suis là pour rappeler au monde ce qu’ils ont fait. » Chaque mot prononcé résonne comme un cri pour ne jamais oublier.

Dans cette lutte mémorielle intense se mêlent douleur passée et espoir fervent que ces atrocités ne se reproduisent plus jamais. Alors que nous clôturons cette page sombre mais essentielle de notre histoire humaine grâce au courage indéniable d’hommes comme Chum Mey, nous sommes rappelés combien il est vital de préserver notre mémoire collective.

Toujours perchée sur mes talons ou accrochée à mon téléobjectif, je vis au rythme des flashs et des confidences volées. Dans les coulisses d’un défilé ou derrière une haie lors d’un mariage de star, je déniche les instants qui font vibrer la planète people.

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