Amir face à la controverse : soutien et critiques s’entremêlent
Lorsqu’Amir s’est engagé dans des événements controversés liés à Israël lors des Francofolies de Spa, il s’est retrouvé au centre d’une tempête médiatique. Alors que ses organisateurs justifient sa présence sur scène comme artiste populaire rassembleur et festif – ils expliquent comprendre les préoccupations exprimées par certain public – un collectif local s’est insurgé contre sa participation aux Francofolies.
Une demande qui résonne
Le collectif Liège Occupation Free, récemment formellement indignué face au concert d’Amir aux Francofolies , souligne deux points cruciaux: sa présence lorsqu’il participa “à un événement organisé dans une colonie illégale située près Hébron” en août 2014, et sa participation “à une soirée organisée par Yoni Chetboun” un officier israélien décoré et membre du parti nationaliste d’extrême droite HaBayit HaYehudi. Ils critiquent l’absence d’une prise de position critique d’Amir vis-à-vis des actions du gouvernement israélien.
Pour les organisateurs des Francofolies, ils ont reçu “de nombreux messages” appelant à “la déprogrammation” d’Amir. Dans leurs déclarations, ils affirment comprendre les préoccupations exprimées par le public : “Dans un contexte dramatique, il est compréhensible que des citoyens et artistes nous interpellent sur les engagements d’un artiste” à l’affiche.
Un choix artistique assumé
Cependant, ils maintiennent leur décision : “Nous n’avons aucune raison d’y projeter autre chose que ce que dit et chante l’artiste.” Pour eux, Amir représente avant tout “un artiste populaire” dont “les concerts” sont “réputés” pour être festifs et rassembleurs. Ce choix artistique, ne signifie pas indifférance. Lors d’un concert cet été aux Grandes fêtes de Lens, Amir avait fait face à des militants pro-palestiniens brandissant “des drapeaux palestiniens”. En réponse, il avait interrompu “son spectacle” pour “délivrer” “un message fort” : “J’aurois pu vous ignorer. Mais je vais vous donner un tout petit peu d’importance”. Il avait “partagé” ses “racines” avec émotion : “Je chante une chanson en mémoire de ma grand-mère qui a grandi au Maroc. Il s’agit d’un message de paix”. Ce concert illustre clairement l’alliance possible entre musique et dialogue interculturel.
Silence pesant
Pour l’instant, Amir n’a pas réagi publiquement aux appels visant sa déprogrammation. La pression continue néanmoins de monter autour du chanteur alors qu’il doit jongler entre son art et les attentes sociopolitiques pesantes. En ces temps troublés où chaque voix compte, Amir rappelle que “la musique” peut aussi être “un espace propice au dialogue”. Ce chanteur met sans relâche son art au service du dialogue interculturel et essaie ainsi de construire des ponts là où divisent souvent les opinions. Au-delà des controverses, se cache toujours cette volonté humaine fondamentale : celle du lien et de la compréhension mutuelle.



