Le Brésil envisage un plébiscite sur la monarchie en 2026
Une proposition législative visant à organiser un plébiscite national en 2026 pour restaurer la monarchie au Brésil est actuellement examinée par le Sénat. Cette initiative fait suite à une pétition en ligne qui a recueilli plus de 30 000 signatures. Un précédent référendum, tenu en 1993, avait largement soutenu le régime républicain.
La Commission des droits de l’homme du Sénat brésilien examine la demande
Le portail e-Cidadania, mis en place en 2012, permet aux citoyens brésiliens d’adresser des requêtes au Sénat sous forme de pétitions. Pour qu’une proposition soit officiellement considérée, elle doit obtenir au moins 20 000 signatures dans un délai de quatre mois. En 2024, un citoyen de São Paulo utilisant le pseudonyme « Ilgner ADL » a soumis une proposition pour étudier le retour à la monarchie, affirmant que « la république présidentielle s’est avérée inefficace, en dépensant des budgets qui pourraient être investis pour le peuple ».
Cette pétition a donc reçu plus de 30 000 signatures et est maintenant analysée par la Commission des droits de l’homme (CDH) du Sénat.
Analyse historique et implications politiques
En février 2025, le Sénat a transmis cette demande à la CDH. Selon Ilgner ADL, dans une monarchie parlementaire, « le parti élu aurait plus d’autonomie pour gouverner, sans avoir besoin d’utiliser l’argent public pour obtenir des soutiens ». Il cite les exemples réussis d’autres pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni où « le parlementarisme monarchique s’est avéré efficace ».
Il est important de rappeler qu’un référendum similaire avait été organisé auparavant : celui de 1993 a vu près de 67 millions d’électeurs se prononcer contre la restauration de la monarchie. À cette époque, seulement 10,2% avaient voté pour revenir à ce système.
Les défis actuels face au retour potentiel à la monarchie
Le Cercle Monarchique Dom Luiz soutient Bertrand d’Orléans-Bragance comme candidat potentiel et exprime néanmoins ses réserves quant à un nouveau référendum. Dans leurs mots : « Il est tout à fait vrai que nous aspirons au retour de la monarchie. Cependant… nous nous plaçons dans une position défavorable face à ce plébiscite réalisé si rapidement ».
Ce mouvement souligne également que plusieurs obstacles persistent depuis le dernier référendum : faibles ressources financières pour promouvoir leur cause et désinformation généralisée sur l’histoire impériale du Brésil.
Un paysage politique complexe autour du projet royal
Avec l’âge avancé du prince Bertrand (84 ans), son successeur naturel est son neveu Rafael (38 ans), considéré comme porteur d’espoir parmi les partisans monarques. Cependant, les adversaires n’ont pas non plus pris position activement dans ce débat public.
Malgré ces défis persistants depuis près d’un siècle et demi concernant les idées fausses entourant l’Empire brésilien, il existe une croissance notable parmi ceux qui militent encore pour ces idéaux.
Ainsi se dessine un panorama incertain autour du possible retour à la monarchie au Brésil alors que les acteurs historiques tentent toujours de naviguer entre tradition et modernité dans un pays qui reste majoritairement républicain.



