Le café de spécialité : un art à savourer
Dans le monde du café, un phénomène fascinant prend forme. Le Brussels Coffee Show, qui a attiré 4000 visiteurs en 2024, met en lumière le marché en plein essor du café de spécialité, représentant à peine 1% de la production mondiale. Des torréfacteurs passionnés comme Margaux Liagre relancent des plantations rares et redéfinissent notre rapport au café.
Une renaissance vénézuélienne
Margaux Liagre, originaire de Nivelles et fervente défenseure du café d’exception, a entrepris une aventure audacieuse en 2019. Son père vivant au Venezuela depuis deux décennies l’a inspirée à relancer l’exploitation des plantations locales. « Un de ses amis n’exploitait que 25% de sa ferme de 250 hectares » , raconte-t-elle avec fierté. Ce pays, autrefois grand exportateur grâce à son boom pétrolier, offre aujourd’hui un terrain idéal pour la culture du café sans engrais ni pesticides.
Sous les étiquettes d’Alma Café, Margaux propose des grains exceptionnels cultivés avec soin. « On travaille avec cinq fermes » , s’enthousiasme-t-elle. La diversité des saveurs est enfin mise à l’honneur dans ce milieu où beaucoup se remettent à moudre leur propre café.
Un rituel bien-être
Au Brussels Coffee Show, le retour du café filtre fait sensation : « Les consommateurs veulent se remettre à moudre leur café eux-mêmes » , explique Céline Van Overdijk. Ce choix ne relève plus seulement d’une nécessité matinale mais s’apparente désormais à un véritable acte gastronomique : « On ne parle plus uniquement de se réveiller le matin, mais de dégustation ». Benjamin Brassart, cofondateur de Boo ! Coffee, confirme cette tendance : « Le filtre a aussi un effet thérapeutique ».
Marie Cardinael partage cet avis chez 2AM Coffee : « Les percolateurs reviennent au goût du jour ». Avec une attention particulière aux arômes variés qu’offrent les différentes régions productrices comme le Mexique ou l’Éthiopie, elle souligne aussi la nécessité d’éduquer les palais aux subtilités gustatives.
Une expérience sensorielle inégalée
Margaux rappelle souvent lors des ateliers que “le café ne pousse pas en Italie !” Rire aux éclats dans la salle lorsque certains découvrent leurs préjugés sur le goût du café industrialisé illustre bien son approche éducative et ludique. Elle évoque même une anecdote touchante où elle a su convaincre un amateur déçu par sa découverte initiale : “Désormais il ne boit plus que nos cafés”.
Cependant, cette quête d’authenticité a également son prix : “Pour un bon expresso nous vendons notre mélange à 90 centimes les 18 grammes”, précise Marie Cardinael. Un tarif qui reste compétitif comparé aux capsules classiques tout en respectant les normes écologiques.
Vers un futur prometteur
Avec des ambitions portées par l’édition suivante prévue pour 2025, qui vise déjà 7000 visiteurs, le Brussels Coffee Show continue d’innover avec des concours captivants autour des meilleures préparations et accords culinaires inattendus entre cafés et fromages suisses.
Il est clair que derrière chaque tasse se cache non seulement une histoire mais aussi une passion collective pour redécouvrir ce breuvage millénaire sous toutes ses formes. Dans ce voyage gustatif unique qui mêle tradition et modernité, chaque gorgée devient alors synonyme de plaisir partagé et d’émotions retrouvées.
La magie opère lorsque ces artisans modernes réinventent notre quotidien autour d’un simple petit noir savamment préparé.



