Gérard Depardieu : Entre revers judiciaires et condamnation retentissante
Gérard Depardieu, l’icône du cinéma français, traverse une période tumultueuse marquée par des revers judiciaires. Dans un jugement rendu le 6 juin, l’acteur de 75 ans a perdu son procès contre plusieurs médias pour diffusion de fausses informations. Cette défaite s’ajoute à une récente condamnation pour agressions sexuelles qui soulève des questionnements sur la justice française.
Un procès raté et des millions envolés
Jugea favorablement les médias Le Parisien, Libération Mediapart et Télérama contre Gérard Depardieu, le tribunal judiciaire de Paris a statué que l’acteur avait tort d’attaquer ces journaux pour diffamation alors que les articles concernés avaient été publiés plus que trois mois auparavant. Il lui reprochait donc avoir eu tort « de poursuivre les quatre journaux sur le terrain diffamation ». L’erreur procédurale est lourde de conséquences ; la diffamation étant prescrite puisque les articles avaient été publiés plus de trois mois auparavant. De plus, chaque média obtient 3 000 euros pour procédure abusive, un véritable camouflet pour son avocat, Maître Jérémie Assous. Ce dernier reste néanmoins déterminé : « Nous irons jusqu’au bout pour défendre l’honneur de M. Depardieu. »
Une ombre pesante : la condamnation pénale
Ce nouvel échec judiciaire intervient peu après une lourde condamnation liée à des accusations d’agression sexuelle sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts en 2021. Le 13 mai 2025, Gérard Depardieu a été reconnu coupable et condamné à 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu’à deux ans d’inéligibilité. Inscrit au Fichier des Infractions Sexuelles (FIJAIS), il n’a pas assisté au délibéré.
Son avocat a dénoncé ce qu’il considère comme une « condamnation automatique » en raison des accusations portées contre lui. Cependant, le tribunal a mis en avant la cohérence des témoignages et l’attitude fluctuante du célèbre acteur durant toute l’enquête.
Le procès s’est illustré par sa tension extrême ; Me Assous a traité une plaignante d' »hystérique », ce qui a entraîné une sanction supplémentaire : 1 000 euros versés à chacune des victimes pour préjudice moral.
Un écho dans la société française
Cette affaire fait grincer bien des dents dans le milieu juridique français ; près de 200 avocats ont signé une tribune dans Le Monde, appelant à rompre le silence face aux violences verbales observées durant le procès ainsi qu’au manque d’intervention adéquate par l’Ordre des avocats. Me Carine Durrieu Diebolt, avocate représentant une victime se félicite : « J’espère que ça découragera les agresseurs. » Au cœur du drame personnel vécu par Gérard Depardieu se trouve donc également un enjeu sociétal majeur concernant la lutte contre les violences sexuelles.
Jusqu’à présent pris dans un tourbillon judiciaire dont il peine encore à sortir, Gérard Depardieu semble être loin d’avoir retrouvé un nouveau souffle dans sa carrière ou sa vie personnelle – peut-être grâce au rôle prochain avec Fanny Ardant.



